Gendarmerie royale du Canada

La préparation, clé de voûte d'une riposte efficace aux attaques de destruction massive

Par Paul Northcott

Opérations

L'Équipe d'intervention CBRNE dirigée par la GRC organise trois exercices nationaux par an afin que les policiers de la GRC et leurs partenaires soient toujours prêts à intervenir en cas de besoin.
Image par GRC

4 juillet 2024

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Une équipe de policiers de la GRC dirige les efforts visant à protéger la population canadienne contre les attaques chimiques, biologiques, radiologiques, nucléaires et à l'explosif, en formant des intervenants et en faisant la promotion du groupe.

L'Équipe nationale d'intervention en cas d'incident chimique, biologique, radiologique, nucléaire et explosif (CBRNE), qui relève de la GRC, est appelée à intervenir lorsque des agents aux effets dévastateurs - souvent utilisés lors d'attaques terroristes - sont susceptibles de provoquer un nombre élevé de victimes et des dommages de grande ampleur.

L'inspectrice Catherine Colthart, officière responsable des opérations CBRNE, dirige une petite équipe de 11 policiers qui prépare les collègues et partenaires de la GRC aux pires scénarios CBRNE que chacun espère ne jamais voir se matérialiser.

« On cherche surtout à former davantage de personnes au pays et à faire connaître le programme », explique-t-elle. « Les menaces augmentent; partout dans le monde, des acteurs malveillants peuvent chercher en ligne des manuels et des recettes pour confectionner toutes sortes de choses; donc, il faut vraiment parer à toute éventualité. »

Prête à intervenir

L'équipe, qui compte des membres des Forces canadiennes (FC) et d'autres ministères fédéraux est mobilisée lorsque c'est nécessaire. Jusqu'à présent, elle n'a été pleinement déployée que quatre fois.

Ce fut le cas en septembre 2020 lorsqu'épaulée par la police locale, l'équipe a fait une descente au domicile de Pascale Ferrier, cette résidente du Québec qui avait envoyé une lettre contenant de la ricine à l'ancien président des États-Unis Donald Trump. En janvier 2023, la mise en cause a plaidé coupable de plusieurs chefs d'accusation pour cet acte et d'autres infractions relatives aux armes biologiques devant un tribunal américain.

En cas d'attaque CBRNE réelle ou présumée, l'intervention initiale est toujours menée par le service de police territorialement compétent. Lorsque les autorités locales jugent que l'incident nécessite l'intervention de l'Équipe CBRNE nationale, elles communiquent généralement avec son sous-officier responsable des opérations, le s.é.-m. Rob Wilson.

« Je contacte mes partenaires scientifiques fédéraux pour avoir une idée de la gravité de l'incident », explique celui qui dresse ensuite le plan d'une éventuelle intervention tout en faisant remonter l'information dans la chaîne de commandement de la GRC.

Si une intervention CBRNE de grande envergure est nécessaire, les membres de l'équipe sont en mesure de détecter, d'échantillonner, d'identifier et de neutraliser tout dispositif explosif ou de dispersion. L'Équipe procède à la recherche des traces et prélève des échantillons pour déterminer si des agents chimiques, biologiques, radiologiques, nucléaires ou explosifs ont été utilisés à des fins de destruction massive.

Affûter ses compétences

Afin d'être bien préparés, les membres de l'Équipe CBRNE en poste dans différentes villes - Ottawa, Vancouver, Edmonton et Halifax - passent des mois à planifier et à organiser des exercices CBRNE pour la police, les pompiers, le personnel paramédical et d'autres intervenants.

Trois exercices à grande échelle ont lieu habituellement chaque année. Y participent les FC, l'Agence de la santé publique du Canada, Environnement Canada, Recherche et développement pour la défense Canada, Suffield, et l'Équipe fédérale d'évaluation radiologique.

Lors de ces exercices, la GRC et ses partenaires, revêtus de combinaisons intégrales avec équipement de protection respiratoire, simulent une collecte d'éléments de preuve. La formation permet également de mettre à l'épreuve les compétences des experts judiciaires et de la neutralisation des engins explosifs pour recueillir en toute sécurité des éléments de preuve sur un lieu contaminé.

Le sergent William Robinson, coordonnateur CBRNE régional à Edmonton, aide à préparer les policiers des Prairies et du Nord aux incidents CBRNE et établit et maintient des partenariats avec d'autres services de police. Il a planifié un exercice de formation à Regina en février, qui a notamment permis de mettre à l'essai l'équipement sophistiqué dans le froid canadien.

« Nous avons beaucoup d'équipement sophistiqué qui ne fait pas bon ménage avec le froid », explique-t-il. « Ces exercices nous permettent d'anticiper. »

Pour l'inspectrice Colthart, cela permet aussi de mieux faire connaître le travail de l'équipe.

« Beaucoup de gens entendent parler de nous sans savoir précisément ce que nous faisons », dit-elle. « L'exercice permet à la GRC, aux FC et aux autres partenaires de montrer ce qu'ils peuvent faire pour la police locale. »

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